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Nominations et Portraits
Thomas Osmond
Directeur
Office de Tourisme du Grand Pithiverais
Publié le 29 juillet 2026
Prise de fonction : 1 juillet 2026
Son job : directeur de l'office de tourisme du Grand Pithiverais, un établissement public à caractère industriel et commercial (Épic) qui n'appartient pas à une seule collectivité mais à trois communautés de communes du Nord Loiret réunies : la communauté de communes du Pithiverais, celle du Pithiverais-Gâtinais et celle de la Plaine du Nord Loiret. Au total, l'office couvre 77 communes, avec trois bureaux d'accueil : le principal à Pithiviers, le second à l'Atelier-Musée de l’Imprimerie de Malesherbes, et le dernier, tout juste ouvert à Yèvre-le-Châtel, classé parmi les plus beaux villages de France. L'équipe compte 5 permanents, complétés par un alternant et, l'été, un saisonnier.
Sa formation : doctorat en anthropologie - Aix-Marseille Université, avec une thèse consacrée aux dignitaires religieux Qaalluu en Éthiopie.
Son profil : un parcours résolument atypique dans le secteur du tourisme, entre expertise scientifique de terrain, connaissance fine des dynamiques de territoire et goût affirmé pour la mise en valeur du patrimoine et des acteurs locaux.
Son parcours : avant de rejoindre le monde du tourisme territorial, Thomas Osmond a mené une carrière de près de deux décennies comme anthropologue spécialiste de la Corne de l'Afrique. Chercheur associé au Centre français des études éthiopiennes (Cfee, CNRS/ministère de l'Europe et des Affaires étrangères) et à l'Institut des mondes africains (IMAF), il a enseigné plus de dix ans comme maître de conférences associé dans plusieurs universités de la région (Addis-Abeba University, Haramaya University, Université de Djibouti), mené des travaux de terrain sur les dynamiques identitaires, les nationalismes ethniques et le réformisme religieux, notamment en région Oromiya, et exercé en parallèle comme interprète oromo/anglais pour le CICR et consultant pour des organisations françaises et britanniques sur les politiques de développement économique en Éthiopie. Il a également été administrateur du réseau académique français des études africaines (CNRS, GIS Études africaines en France). C'est en octobre 2022 qu'il amorce sa reconversion vers le tourisme territorial, en rejoignant la communauté de communes de Briare-le-Canal (Berry Loire Puisaye) comme chef du service tourisme et directeur de l'office de tourisme Terres de Loire et Canaux à partir de mai d’octobre 2023 — un territoire trois fois plus petit que celui du Grand Pithiverais. Il rejoint ensuite l'office de tourisme du Grand Pithiverais, d'abord comme directeur adjoint puis début novembre 2025, en CDD de 8 mois, pour faire face à un fort accroissement de l'activité — notamment l'organisation du stand du territoire au Salon international de l'agriculture à Paris fin février, et l'ouverture du nouveau bureau d'information et boutique de Yèvre-le-Châtel au 1er mars mai. Il est nommé directeur titulaire en juillet 2026.
Le contexte de sa promotion : il succède à Noémie Belin, directrice de l'office depuis sa création en 2017 (statut d'Épic issu de la loi Notre), qui a elle-même pris la direction de l'office de tourisme voisin du Pays de Nemours — un « jeu de chaises musicales » entre deux territoires appelés à travailler davantage ensemble, sur l'axe Nemours-Malesherbes-Pithiviers.
Pourquoi c'est lui : ce qui a séduit Thomas Osmond dans le poste, c'est d'abord l'ampleur du défi : diriger un office de tourisme adossé à trois communautés de communes et devant fédérer un territoire vaste et disparate, du sud de l'Essonne à la lisière de la forêt d'Orléans. Une gouvernance à trois, en Épic, qui reste rare parmi les offices de tourisme français.
Sa feuille de route : le premier défi, selon Thomas Osmond, est de servir un territoire vaste et de lui donner une bonne visibilité d'ensemble. Le fil conducteur qu'il souhaite développer est celui du tourisme agricole. « Ce que je vois comme enjeu, c'est aussi de créer un débat un peu plus apaisé sur l'agriculture en France », explique-t-il, en misant sur des visites d'exploitations permettant aux visiteurs de rencontrer des producteurs engagés dans la transition écologique — gestion raisonnée de l'eau, réduction des intrants, diversification des cultures. Un partenariat est en cours de construction avec la chambre d'agriculture du Loiret pour associer des agronomes à ces visites de fermes. Le territoire multiplie déjà les exemples : l'amande du Pithiviers, labellisée « site remarquable du goût », le safran, ou encore le domaine viticole Anne Béchet, dont le vin blanc a décroché une médaille de bronze au dernier Salon de l'agriculture grâce à des cépages résistants au mildiou, mis au point avec le Cirad de Montpellier. L'autre grande spécificité du territoire, ce sont les jardins et la culture de la rose, portée historiquement par le rosiériste André Ève : le Nord Loiret concentre le plus grand nombre de sites labellisés « Route de la rose », du jardin personnel d'André Ève à Pithiviers à la roseraie de Morailles ou aux roses anciennes de Chilleurs-aux-Bois — une offre qui attire déjà une clientèle anglo-saxonne, belge et néerlandaise, et que l'office espère désormais faire découvrir à une clientèle japonaise. Le patrimoine muséal complète cette offre, avec l'Atelier-Musée de l'Imprimerie de Malesherbes, qui abrite l'une des plus grandes collections européennes de machines à imprimer, le musée des Transports de Pithiviers et ses trains à vapeur, et le Mémorial de la Shoah de la gare de Pithiviers, ouvert en 2022, autour duquel l'office a développé de nouvelles visites guidées consacrées à la Seconde Guerre mondiale, qui rencontrent un franc succès. Sur le tourisme d'affaires, l'office mise sur une offre originale portée par un partenaire privé, le camping de Nibelle, qui a investi dans des salles de séminaire et des mobil-homes haut de gamme pour accueillir comités d'entreprise et séminaires « en plein milieu de la forêt ». Enfin, Thomas Osmond veut renforcer les liens du territoire avec le « triangle d'eau » du département et la véloroute du canal d'Orléans, via une voie douce reliant Combreux au belvédère des Caillettes, à Nibelle. Plus largement, il défend une logique de maillage à l'échelle du Loiret : « je veux continuer à vraiment essayer de créer une synergie, un maillage entre les différents territoires du Loiret », résume-t-il, pour mieux orienter les visiteurs de passage vers les territoires voisins. Il siège à ce titre depuis trois ans au conseil d'administration de Tourisme Loiret, où il représente les salariés des douze offices de tourisme du département. En interne, l'office prépare aussi un déménagement de son bureau principal vers un nouveau local de trois niveaux, en cœur de ville de Pithiviers, rue de la Couronne.
Son N+1 : la présidente de l'office, élue le 25 juin 2026, Joëlle Pasquet, première adjointe à la mairie de Malesherbes et vice-présidente en charge de la valorisation et du rayonnement du territoire à la communauté de communes du Pithiverais-Gâtinais.
Sa bio express : 50 ans, deux enfants de six et dix ans.
Ce que l'on dit de lui : Thomas Osmond est plein d’empathie et toujours à l’écoute des autres. Des atouts précieux qui lui permettent de fédérer autour de lui, en interne et en externe, et de transmettre son enthousiasme sur les projets qu’il dirige. Homme de recherche, il est patient et persévérant. Il comprend les difficultés, les écueils du secteur et s’attache à trouver les bonnes personnes sur lesquelles s’appuyer afin de mener à bien, en toute sérénité, les dossiers les plus sensibles.
Ce qu'on ne sait pas de lui : Thomas Osmond consacre le peu de temps libre qu’il a actuellement à l’exercice de sa passion, la musique et la basse en particulier.